Sportives : faire de son cycle un allié plutôt qu’un obstacle à la performance

« J’avais l’habitude de m’entraîner en subissant complètement mon cycle »

Chez les sportives, on parle souvent de charge d’entraînement, de récupération, de nutrition ou de préparation mentale. En revanche, le cycle menstruel reste encore trop souvent absent des discussions. Pourtant, les fluctuations hormonales influencent l’énergie, la récupération, le sommeil, la motivation ou encore les sensations à l’entraînement.

Lorsqu’elle pousse la porte de mon cabinet, cette skipper de course au large s’entraîne plusieurs fois par semaine. Comme beaucoup de femmes, elle connaît parfaitement ses séances d’entraînement, son plan nutritionnel ou ses objectifs de performance… mais beaucoup moins son cycle menstruel.

Chaque mois, les mêmes difficultés reviennent : douleurs de règles, troubles digestifs, fatigue, migraines, anxiété, sommeil perturbé et surtout un syndrome prémenstruel marqué. Elle a appris à composer avec ces symptômes sans vraiment les questionner.

Retrouver des leviers d’action

Au fil de l’accompagnement, nous avons cherché à comprendre ce qui pouvait entretenir ces symptômes. Plutôt que de chercher une solution miracle, nous avons identifié quelques priorités simples et réalistes à mettre en place.

Elle a commencé à observer son cycle afin de repérer les liens entre les différentes phases, son niveau d’énergie, son sommeil, sa récupération et ses sensations à l’entraînement. Nous avons également travaillé sur son alimentation, en veillant notamment à des apports suffisants en protéines et en bons lipides pour soutenir son équilibre hormonal, ainsi que sur quelques ajustements pour améliorer son confort digestif. Enfin, une attention particulière a été portée à la récupération et à la régulation de son système nerveux, souvent mis à rude épreuve chez les sportives très investies.

Comme dans tous mes accompagnements, nous avons choisi de ne modifier que quelques habitudes à la fois. L’objectif n’est pas de tout révolutionner en quelques jours, mais de construire des changements durables.

Les premiers résultats

Quelques semaines plus tard, elle m’écrit :

« Depuis qu’on s’est vues, j’ai vraiment ralenti le rythme au niveau du travail et, comme par magie, je n’ai presque plus de syndrome prémenstruel. J’ai aussi limité les aliments crus, comme tu me l’avais conseillé, et ça m’a beaucoup aidée au niveau digestif. Et surtout, je continue à noter mes règles pour mieux suivre mon cycle. »

Ce message résume parfaitement ce que j’observe souvent en consultation. Les bénéfices ne viennent pas d’un changement spectaculaire, mais d’une accumulation de petits ajustements adaptés à chaque femme.

Pourquoi observer son cycle est si précieux lorsqu’on est sportive ?

Tenir un simple carnet de cycle permet souvent de faire des liens qui passaient totalement inaperçus et de repérer des récurrences – des « patterns ».

Progressivement, les femmes repèrent les périodes où elles disposent de davantage d’énergie, celles où leur récupération est plus lente, l’influence du stress ou du manque de sommeil sur leurs symptômes, ou encore les habitudes qui améliorent leur confort digestif et émotionnel.

L’objectif n’est pas d’adapter chaque séance d’entraînement à une phase du cycle ni de considérer le cycle menstruel comme une limite. Il s’agit plutôt d’utiliser ces informations pour mieux comprendre son propre fonctionnement et adapter son planning d’entrainement ou son alimentation lorsque cela est nécessaire.

Une approche globale de la performance

Chez les sportives, la performance ne dépend pas uniquement du volume et de la fréquence d’entraînements.

Le sommeil, la récupération, la disponibilité énergétique, l’alimentation, le stress et le fonctionnement hormonal interagissent en permanence. Ignorer l’un de ces paramètres revient à se priver d’informations précieuses.

Apprendre à connaître son cycle, c’est finalement apprendre à mieux connaître son corps. Non pas pour s’entraîner moins parce que l’on est une femme, mais pour s’entraîner plus intelligemment, préserver sa santé et construire une performance durable.

Le cycle menstruel n’est pas un obstacle à la performance. Lorsqu’il est compris et pris en compte, il devient un indicateur précieux au service du bien-être et de la performance durable.

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