Comment l’observation de votre cycle peut vous aider à concevoir un enfant ?

L’infertilité est aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, puisqu’il concerne un couple français sur quatre en âge de procréer (1). C’est un motif courant de consultation chez le gynécologue ou la sage-femme, qui redirigent leurs patients vers le centre PMA le plus proche pour un bilan de fertilité. Ces analyses doivent être réalisées rapidement, afin de s’assurer qu’aucun trouble mécanique ou hormonal ne bloque le processus chez l’homme aussi bien que chez la femme.

Je sais combien l’attente d’un bébé peut être difficile, source de stress voire d’angoisse. Je l’ai vécu moi-même pendant tant d’années. Je me souviens des innombrables examens et rendez-vous médicaux, quand il fallait composer avec nos agendas professionnels. D’autant que les dosages hormonaux (œstradiol, progestérone, etc.) devaient être réalisés certains jours précis du cycle, ce qui peut s’avérer compliqué quand il est irrégulier. Un véritable casse-tête, qui ajoutait du stress à la crainte de pas tomber enceinte. Avec mon conjoint, nous étions conscients qu’un parcours PMA peut être lourd et éprouvant pour le couple. Alors après en avoir beaucoup parlé tous les deux, nous avons choisi de favoriser une approche consciente de notre fertilité en explorant des pistes alternatives pour optimiser nos chances de concevoir naturellement : nutrithérapie, ostéopathie ou encore acupuncture. Et puis un jour, j’ai découvert la symptothermie.

Qu’est-ce que la symptothermie ?

C’est une Méthode d’Observation du Cycle (MOC) fondée sur l’observation quotidienne de deux indices physiologiques : la glaire cervicale et la température basale. Il est possible d’observer aussi la position et l’ouverture du col de l’utérus, mais ce n’est pas indispensable, les deux premiers indices étant suffisants pour valider l’ovulation.
Que l’on ait des cycles réguliers ou non, la symptothermie permet de repérer sa fenêtre la plus fertile et de confirmer l’ovulation. Ces données sont des informations très précieuses quand on a un projet bébé. On les appelle des biomarqueurs de fertilité.

La glaire cervicale

La glaire cervicale est secrétée par les cryptes du col de l’utérus, sous l’action des œstrogènes. C’est notamment grâce à elle que les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à cinq jours dans le vagin. Sans elle, ils ne survivraient pas plus de quelques minutes dans ce milieu très acide. Elle joue d’ailleurs d’autres rôles tout aussi cruciaux pour la fertilité. Celles qui savent observer leur glaire cervicale peuvent suivre leur cycle facilement car sa texture évolue et notre ressenti aussi. Pour faire simple, plus le follicule grossit, plus les œstrogènes augmentent, plus la texture de la glaire devient filante, à l’approche de l’ovulation. C’est un excellent indicateur de l’ovulation, facile à observer au quotidien.

La température basale

C’ est la température de notre corps au repos.
Plutôt basse en première partie de cycle, elle augmente après l’ovulation, grâce à la sécrétion de la progestérone, une hormone qui fait notamment augmenter notre température corporelle. Ainsi, on constate en règle générale deux plateaux de température sur la courbe : un plateau bas en phase folliculaire (1ère partie de cycle) et un plateau haut en phase lutéale (2ème partie de cycle).

En corrélant ces deux indices : la glaire cervicale et la température, on peut déterminer au jour le jour, si on est en période fertile, très fertile ou non fertile et confirmer que l’ovulation s’est produite. 24 heures après l’ovulation, on bascule en période non fertile, ce qui est confirmé par un changement net de l’aspect de la glaire cervicale et une hausse de la température sur 3 jours consécutifs.

Quels sont les avantages de la symptothermie ?

A mon sens, le principal avantage est la reconnexion à soi. On apprend à « lire » et décrypter les signaux de son corps. Un rhume, une grosse soirée ou une insomnie ? On peut constater directement sur le graphique les variations de température. C’est un formidable outil d’émancipation et de connaissance de soi, dans la mesure ou on prend conscience que l’on peut devenir acteur de notre santé. Qu’en modifiant une habitude, cela a un impact direct sur notre niveau d’énergie. Qu’en ajustant notre alimentation ou notre mode de vie, on peut diminuer les désagréments de son SPM (Syndrome pré-menstruel) ou de son SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques).

Par ailleurs, les méthodes d’observation du cycle, que ce soit la symptothermie ou une autre méthode comme Billings sont totalement naturelles. Elles n’ont donc aucun effet secondaire sur le corps des femmes ou de répercussions sur l’environnement.

La symptothermie a un autre avantage : l’analyse de plusieurs cycles permet d’identifier de potentiels déséquilibres hormonaux : par exemple, une phase lutéale trop courte pourrait vous mettre sur la piste d’une insuffisance en progestérone, qui peut compliquer la nidation. J’aide à décrypter les messages que le corps envoie, et suggère des ajustements alimentaires et de mode de vie, qui peuvent faire toute la différence.

La base de mon accompagnement est d’aider les femmes à se connecter à leurs corps. A partir du moment où on maitrise cette méthode, tout s’éclaire, on comprend beaucoup de choses et on peut gérer notre fertilité de façon plus autonome et consciente.

Durant mes accompagnements, je me suis rendue compte que de nombreux couples ne savent pas reconnaître les signaux indiquant leur période de fertilité. Comme l’indique Aude, que j’ai accompagnée en 2021, connaître son cycle peut vraiment faire la différence : « Nous souhaitions avoir un bébé avec mon compagnon depuis quelques temps, sans y parvenir. Charline m’a aidée à mieux connaître mon cycle, à écouter mon corps et à améliorer mon mode de vie afin de mettre toutes les chances de notre côté. Son approche à la fois douce, empathique et très professionnelle nous a redonné confiance. Et un petit garçon est prévu pour juin ! »

Mes conseils pour pratiquer la symptothermie

Avant toute chose, l’apprentissage de la symptothermie nécessite de comprendre et d’assimiler les bases de la méthode avec une personne formée en symptothermie, qui la pratique au quotidien et qui a déjà suivi d’autres couples. Elle vous expliquera toutes les subtilités de la méthode et surtout elle vous guidera pour analyser vos premiers graphiques, appelés cyclogrammes. Elle pourra vous aider à identifier certains potentiels déséquilibres hormonaux. L’objectif de ce suivi étant que vous puissiez devenir autonome dans votre pratique.

Quel thermomètre choisir ?

Chaque jour, on prend sa température au réveil, avant de poser le pied par terre. On utilise pour cela un thermomètre à double décimale comme le Cyclotest Lady de chez Bivéa, car la hausse de température qui se produit juste après l’ovulation est assez subtile. Il faut donc être précis. Ce thermomètre fiable et abordable est parfait pour démarrer la symptothermie. Sachez qu’il existe des thermomètres connectés comme par exemple le Tempdrop, qui prennent notre température pendant notre sommeil. Ces solutions sont certes plus pratiques, mais aussi plus onéreuses. A vous de voir ce qui vous convient le mieux !

Ou noter ses observations ?

Pour noter ses observations au quotidien, on peut utiliser au choix un cyclogramme papier ou une application de suivi de fertilité comme Moonly, qui utilise la méthode symptothermique. A ne pas confondre avec la très grande majorité des applications de suivi du cycle, qui fonctionnent avec un algorithme prédictif, basé sur la moyenne des cycles précédents. L’approche de Moonly est très différente, puisqu’elle fonctionne sur la base d’une observation quotidienne des signaux de notre corps, pas sur des prédictions. C’est là toute la différence.

Comment inclure son conjoint dans la pratique de la symptothermie ?

Je conseille aux personnes que j’accompagne de pratiquer la symptothermie en couple, dans une optique de gestion naturelle de leur fertilité. Par exemple, le partenaire peut faire penser à sa conjointe de prendre sa température au réveil, lui tendre le thermomètre ou noter les observations sur le cyclogramme. Il peut aussi tout simplement lui demander ou elle en est dans son cycle. Il comprendra ainsi beaucoup mieux ses fluctuations d’énergie et d’humeur, liées aux variations hormonales. Ce type d’échange fluidifie la communication dans le couple et permet de mieux se comprendre.

Vous l’aurez compris, la symptothermie peut être un outil très intéressant si vous souhaitez avoir une approche consciente de votre fertilité et mettre toutes les chances de votre côté pour favoriser vos chances de grossesse naturellement. Une étude (2) menée aux États-Unis montrait que 76% des femmes en bonne santé sont tombées enceinte dès leur 1er cycle de mise en pratique des méthodes symptothermiques. 90% d’entre-elles étaient enceintes à l’issue de leur 3ème cycle d’auto-observation. A leur 6ème cycle, 98% étaient enceintes. Malheureusement, encore trop peu d’études de grande ampleur sont publiées à ce sujet, car les laboratoires pharmaceutiques n’y trouvent pas d’intérêts financiers. Cela étant dit, il est intéressant de noter, à titre de comparaison, que le taux de réussite moyen d’une FIV était de 19% en France en 2019 d’après l’agence de biomédecine. Au bout de 8 ans de parcours, seuls 48% des couples deviennent parents grâce à la PMA(3). Au total, 71% deviennent parents, que ce soit via une grossesse spontanée ou via adoption.

Au-delà de l’apprentissage d’une méthode d’observation du cycle, je suis aujourd’hui intimement convaincue que notre mode de vie et notre environnement influent bien plus que l’on ne le pense sur notre fertilité. Je posterai d’ailleurs prochainement d’autres articles pour aborder les solutions naturelles à mettre en place en fonction des problèmes rencontrés, que ce soit l’insuffisance en progestérone ou encore le SOPK. Ces sujets vous intéressent ? Vous pouvez vous abonner à ma newsletter pour être sûr de les recevoir.

D’içi là, prenez-soin de vous!

Charline

(1) Rapport sur les causes d’infertilité remis par le Professeur Samir Hamamah et Madame Salomé Berlioux au Ministère de la santé en février 2022
(2) Cumulative pregnancy rates in patients with apparently normal fertility and fertility-focused intercourse, T W Hilgers 1, K D Daly, A M Prebil, S K Hilgers
(3) Les FIV en France, quel taux de réussite ? INED, Institut National d’Etudes Démographiques

Dernières publications

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)